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E = mc2, un jeu d'enfant pour Karim

A 18 ans, le lycéen a organisé des conférences publiques sur Einstein.

« Surprenant Karim Benchaib, lycéen de 18 ans en terminale S au lycée Jean-Vilar à Meaux (Seine-et-Marne), ce féru de physique a organisé, durant les vacances de février, une semaine spéciale Einstein « On n'en parle qu'en terminale, deux minutes maximum E = mc2, on nous donne la formule et c'est tout», regrette-t-il. Puisqu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Karim a décidé de prendre les choses en main et d'organiser la semaine "Et 130 ans après Einstein ?", mélange de conférences, de visites et de projections, entre autres à l'Ecole normale superieure (ENS), à Paris. Une demarche qui s'inscrit dans le cadre de la "Science academie", un programme scientifique à destination des lycéens de zones défavorisées. A Paris-Montagne, l'association qui chapeaute la "Science Ac'", on n'avait jamais vu ça "C'est le premier lycéen à faire une semaine thématique. D'habitude, ce sont des thésards", apprécie Sandrine Jamet, chargée des relations jeunes et de l'enseignement secondaire à Paris-Montagne. Six lycéens, tous membres de la "Science Ac''" ont répondu présent à l'appel de Karim. "Normalement, on est une quinzaine pendant les "semaines thématiques", tient-il a préciser Mais deux rendez-vous ont lieu simultanément, et se font concurrence. L'aspirant chercheur en astrophysique est un professionnel de l'organisation.

Dès le mois d'août 2009, il s'est attelé à préparer son projet et a invité des enseignants-chercheurs, doctorants et médiateurs scientifiques. "Je fais beaucoup de choses, donc je suis obligé de m'organiser" reconnaît Karim, qui est, par ailleurs, organisateur de projets humanitaires, et délégué au conseil de la vie lycéenne et au conseil d'administration de son lycée. Le lycéen, qui passe près de 1h30 dans les transports pour rejoindre l'ENS, où se trouvent les locaux de Paris-Montagne, doit également préparer le bac. "Ca m'aide pour mes études, et puis il n'y a pas que le bac dans la vie", relativise cet hyperactif. Six mois et 300 mails plus tard (il a vérifié), la Semaine Einstein peut débuter. Et cela plaît."On parle beaucoup d'Einstein parce que c'est le "people" scientifique, mais quand on demande à nos profs, ils ne nous répondent jamais vraiment assure Thibaut, en terminale S à Paris. "Je savais que ce ne serait pas du temps perdu de venir ici". Côté intervenants la démarche fait mouche "C'est très pertinent, très cohérent, estime Guillaume Trap, doctorant venu parler des trous noirs dans l'espace. C'est bien, parce qu'il y a pas mal de choses différentes, il n'y a pas que de la gravitation". Bien entendu, les orateurs s'attachent à rendre digestes les sujets abordés, qui doivent être adaptés à un jeune auditoire. "Les "anciens" m'ont demandé quelques astuces pour s'adapter au public", reconnaît Karim. La bonne formule, semble-t-il : brandir des schémas et bannir les formules assommantes. Pas sûr que cela aide pour le bac, mais comme dit Thibaut : "C'est toujours de la culture en plus". »       

Elsa Maudet - Le Monde de l'Education - 10 mars 2010
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